Materno-blog

"Il n'y a aucune recette pour être une mère parfaite, mais il y a mille et une façons d'être une bonne mère"

Avant, j'avais des principes. Maintenant, j'ai des enfants.

31 janvier 2012

Murphy, mon amour

Aujourd'hui, -3°C.

Demain, -5°C.

Jeudi, -7°C.

Dimanche, la neige.

Hier, 11h30 :

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Un manteau acheté il y a un mois tout pile.

Pour les grands froids.

Ai-je besoin de me mettre à jurer grossièrement ou bien est-ce-que vous me comprenez ?

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30 janvier 2012

Est ce que vous aussi, vous parlez toute seule le soir ?

Genre vous avez vraiment envie de discuter, de vous épancher sur la fièvre qui est montée chez votre bébé, sur l'exploit littéraire de votre fille qui a écrit sur son tableau "vendredi 27 janvier", sur votre copine de la sortie de l'école qui galère avec ses enfants toujours malades... Vous êtes mère au foyer quoi.

Et puis quand votre mari rentre, lui est fatigué par sa journée, parler il n'a fait que ça au boulot, franchement si on pouvait tous lui fiche la paix et le laisser se zombifier derrière son ordi, ça l'arrangerait bien. Alors il se plante à son bureau, il murmure des "ah ah", "hum", "oh", "ah bah oui" "hein" "dis donc"; vous comme moi, nous pensons alors qu'il ne nous écoute pas, qu'il le fait exprès et qu'il se moque de nous et de notre vie pourtant si passionnante.

En fait non, ce n'est pas qu'il ne veut pas, c'est qu'il ne peut pas.

En réalité, le cerveau masculin est compartimenté. Il est programmé pour ne faire qu'une seule chose à la fois. Lire les dernières nouvelles de foot et vous écouter parler, il ne peut pas faire, c'est physique et donc vous l'aurez compris, ce n'est pas de sa faute. Le malheureux a moins de fibres de connexion entre l'hémisphère gauche et droit, contrairement à une femme, ceci explique pourquoi NOUS, nous pouvons tout à fait écouter le récit de la journée de monsieur, compatir à ses déboires, donner à manger aux enfants et surveiller la soupe qui chauffe.

Moi, savoir ça, ça m'a fait vachement plaisir.

Où l'ai-je appris ? dans un excellent bouquin que je prends le temps de lire, intitulé "¨Pourquoi les hommes n'écoutent jamais rien et les femmes ne savent pas lire les cartes routières". Ecrit par Allan et Barbara Pease, il livre des informations passionnantes (enfin je trouve) et aide vraiment à comprendre les hommes, leur manière d'être. On saisit alors que oui, vraiment, nous sommes différents, jusque dans notre cerveau , et que c'est précisément là que se jouent pas mal de choses.

J'y ai appris également que si nos chers maris ne nous consolent pas particulirement quand on pleure pour une raison ou une autre, c'est parce que eux, comme des hommes avec un bon cerveau d'homme, cherchent avant tout à régler le problème. Il est vrai qu'au lieu d'essuyer nos larmes, ils vont facilement retourner l'équation dans tout les sens et nous proposer plusieurs solutions, adaptées il est vrai, mais dont on se moque royalement : nous voulons juste des bras forts et un mouchoir. (et une copine sur MSN). Or eux s'ils ne trouvent pas de solution, s'ils ne nous sauvent pas, ils s'en sentiront responsables et seront en échec. Et ça, ça les agacera plutôt. C'est pourquoi ils nous sortiront facilement un "allez ce n'est pas si grave, tu en rajoutes !", tellement mais alors tellement réconfortant..........

Il paraît aussi que lorsqu'une femme commence à pleurer, inconsciemment l'homme n'a qu'une crainte : qu'elle ne s'arrête jamais....

"C'est pas tout à fait faux", m'a dit Monsieur Sololine...

comme si j'avais la larme facile...

nan mais franchement...

 

 

Une vraie source de décodage de nos maris!

Pour en apprendre plus, je vous recommande de vous l'offrir. Ca aussi c'est bien connu : on est jamais mieux gâtées que par soi-même... :)

 

 

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26 janvier 2012

Materno-blog se fait vieux

je sens les rides, si si!

3 ans...

570 posts...

119849 visiteurs..

3874 commentaires..

103 amis sur facebook...

"Plusieurs milliers" de mails échangés, me dit Gmail...

Des centaines de confidences, d'histoires partagées, de désir d'enfant avoué, de mal-être chuchoté, d'angoisses assumées...

12 lectrices inconnues devenues des amies sincères..

4 rencontres dans la vraie vie,

... encore une le WE prochain!

1 voyage au Liban programmé...

(héhéhé, Zélie, tu es fichue !)

2 propositions de travail de rédactrice...

1 travail de rédactrice...

123 matinées à se demander quel était le bien-fondé de ce blog...

et des mails qui arrivaient pour me donner la réponse..

Des milliers d'heures à tapoter sur ce clavier...

1 projet à concrétiser, yapluka!

 

Une 4ème année à partager avec vous, et je l'espère d'autres inconnues,

parce que bon sang, ce n'est pas que du bonheur,

mais quand même, avec un peu d'humour,

la maternité reste l'aventure d'une vie,

 

alors...

 

 

 

elle mérite bien un blog!

 

Merci à vous toutes pour votre fidélité!

 

C'est reparti pour un tour... :)

 

 

 

 

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24 janvier 2012

"Je veux le lait de Maman"

C'est ce qui est sorti de la bouche d'une enfant au moins une trentaine de fois lors d'un reportage consacré aux femmes qui allaitent longtemps. Allaiter longtemps chez moi, ça veut dire jusque 4 mois. Chez ces femmes c'est du pipi de chat. Longtemps, c'est genre longtemps-longtemps, genre 8 ans. Ouais.

L'enfant qui pleurait en disant "je veux le lait de Maman", elle avait 8 ans.

Et c'était assez.... presque.... franchement.... comment dire.... choquant ? Cette enfant immense qui se jette sur le sein de sa mère en faisant d'elle presque sa chose, son dû. Cette pré-ado qui a l'air de penser que sa mère lui appartient et n'a pas le choix, que du haut de ses 8 ans, c'est elle qui dispose du corps maternel. Sa soeur avait arrêté de téter à 5 ans (c'est tôt !), elle jalousait maintenant son aînée qui profitait de sa mère d'une manière particulière. "elle fait exprès d'aller au lolo de maman, pour me laisser toute seule". Glauque, j'vous dis. Une machine à faire des adultes pas nettes.

Les autres femmes présentées étaient plus soft. Les enfants avaient trois ans tout au plus. Et là je le comprends. Je peux encore trouver ça mignon.

Même si à 2 ans, les jumeaux de la dame, ils savaient comment exprimer leur manque de lait maternel, et que cela rendait le sevrage bien plus difficile. Un enfant qui hurle toute la nuit " lait de mummmmyyyyy", c'est autrement plus déchirant qu'un bébé de 6 mois qui refuse un biberon. J'en avais mal au coeur pour elle, je crois que j'aurais craqué, mais elle a tenu le coup. Faut dire que son mari ne pouvait plus encadrer la notion d'allaitement, sa femme n'était plus sa femme, juste deux seins auxquels étaient constamment ventousés ses enfants. Il y avait là urgence urgente : elle arrêtait d'allaiter ou le couple y passait.

A 4 ans, ce petit blondinet aussi était encore allaité. Mais pour une raison bien précise : ses parents avaient adopté une petite thailandaise de 18 mois, et la maman avait la ferme intention de l'allaiter. Elle avait prolongé son premier allaitement pour avoir du lait à proposer à son enfant recueillie. Mais à 18 mois, une enfant qui a toujours eu un biberon en plastique nourricier, se retrouver tout-à-coup avec un mamelon dans la bouche, ça ne la branchait pas plus que ça. Mais alors pas du tout du tout. Comme je la comprends! Pour se consoler, la dame donnait son bon lait ... à la petite cuillère. Si elle ne se lasse pas, c'est tant mieux, mais j'avoue que ça me dépasse quand même un peu.

Allaiter son bébé, de tout son coeur, pour lui proposer le meilleur, oui, re-oui. Ce n'est pas une partie de plaisir tous les jours, mais j'adhère.

Emprisonner son enfant dans son désir de maternage absolu, dans son incapacité à laisser son enfant grandir seul, grandir par ses propres moyens, autrement que par la figure maternelle, est-ce vraiment raisonnable, est-ce vraiment oeuvrer pour son bien-être, est-ce en faire des adultes équilibrés... Si les caméras pouvaient retourner voir la grande fille de 8 ans dans 20 ans, ça m'intéresserait plutôt.

 

 

 

Je retourne à ma grippée...

 

 

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23 janvier 2012

Ok, je peux encore faire la maline..

Mais alors, cure de kiwis, MON OEIL !

39.3, j'ai pris peur comme une débutante, je suis allée poireauter joyeusement dans une salle d'attente bondée.

Des kilos de kiwis engloutis,

Petit Caillou n'a pas une gastro,

elle a

LA GRIPPE!

 

Puisque c'est elle qui mange le plus de fruits dans la famille, je ne me fais pas d'illusions. D'ailleurs rien que d'y penser, j'ai déjà mal à la tête.

 

 

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Fallait pas faire la mâline

Je m'disais encore ce matin, au volant de mon cabriolet décapotable, qu'est ce qu'on s'en est bien tirés sur ce coup là, fin janvier et toujours pas de gastro, y'a pas, je les nourris bien, et notre hygiène de vie est irréprochable. Bravo Madame Sololine, t'es au top.

Ce midi Petit Caillou est rentré le teint palot et des cernes jusqu'au nombril. "J'ai mal au ventre", elle a avalé ses 3 gnocchi et a couru jusqu'à son lit pour s'y effondrer.

J'ai tout tenté, le motilium, le smecta et le doliprane, yallah, pitié, je ne veux pas changer les draps au réveil de la sieste.

Remarquez que je ne me plains pas, l'année dernière la gastro avait débarqué le 4 janvier, 2011 avait décidé de ne pas me faire de cadeaux. 2012 est plus sympathique, elle m'a laissé 23 jours de répit.

A dans très longtemps. Je ne me fais pas d'illusions, on va tous y passer.

 

au moins j'ai eu l'illumination du siècle : aller faire les soldes ce matin. Si j'avais attendu cet après-midi, j'étais cuite comme un petit poulet.

A Dieu!

Armelle, j'ai donné ton remède miracle à tout le monde et v'la ti pas que mes neurones refusent de fonctionner au moment où j'ai besoin d'eux : ton truc pour la gastro, c'est L 100 quoi déjà ?!

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19 janvier 2012

1 an devant la cafetière..

Je ne parle pas souvent de moi, du fond du fond, de ma vie de famille. La dernière fois que j'ai hésité à le faire, je me suis laissée emportée par mes émotions, je venais d'apprendre que ma fille était aussi sourde que je suis geek. Avec mes peurs et mon gros ventre, j'avais fini par me dire "Oh allez, pour une fois, je peux..." ; et j'avais reçu en contrepartie de vrais messages, des témoignages aussi, parfois plusieurs semaines après. De vraies grâces, pour un post sur un blog où je m'étais promis de ne jamais trop en dire. Qu'à cela ne tienne, pour le premier anniversaire de ce jour où j'ai réalisé que faire des enfants c'était aussi avoir le goût du risque, le risque d'une vie qui pouvait ne pas être "normale", je fais un petit point sur l'évolution des choses... Pour l'occasion, je vous ai recollé Iz dans les oreilles. Ne me remerciez pas, c'est cadeau.

Il y a un an, déjà, nous apprenions que notre petite fille de 3 ans et demi n'entendait quasiment rien. Une visite chez un ORL avait suffi pour mettre un mot, un seul, sur des comportements étranges. Quinze jours plus tard, nous la regardions partir au bloc, et avec mes contractions je mangeais des chips debout devant la clinique, en attendant que le temps passe.

Un an.

Un an!!!!

Un an...

Ma fille entend. Petit à petit, elle fait des phrases, elle enrichit son vocabulaire, elle articule de mieux en mieux. Elle parle, elle progresse, elle a envie. Elle va à la rencontre des autres, elle joue, elle nous donne même les prénoms de ses copines. L'exploit, le vrai. (même si, ne lui dîtes pas, je les connais déjà tous, et je sais surtout avec qui elle joue... par son frère. Chut. Vous êtes dans le secret.)

J'ai peur. Dès qu'elle a une otite. Dès qu'elle retombe dans ses vieux penchants, dès qu'elle ne répond pas à ma question, dès que la maîtresse me dit qu'elle l'attend encore pour appliquer la consigne. Dès que le médecin grimace en examinant un de ses précieux tympans, dès que son petit frère a une otite... elle aussi, ça a commencé à cet âge.

J'exulte. Quand je l'entends parler, quand elle entre fièrement toute seule dans la boulangerie pour acheter du pain, quand elle passe un savon à son frère, quand je me rends compte qu'elle a compris qu'il lui suffisait de dire qu'elle a mal à l'oreille pour que je prenne une voix mielleuse et que je la prenne sur mes genoux, quand elle participe à son cours de danse classique. Quand elle est comme les autres.

Je réalise que cette petite épreuve m'a marquée. Parce que j'en reparle souvent, et que j'y pense deux fois plus. Parce que ça finit toujours avec des tremollos dans la voix, et que puisque je raconte son histoire à tous ceux qu'elle croise, pour qu'ils sachent, qu'ils la comprennent... vous imaginez le tableau misérable en début d'année avec son prof de danse.....

Et alors je me demande comment les parents, face à leur enfant gravement malade, se relèvent. Comment ils gèrent leur histoire douloureuse, et comment ils oublient ce sentiment de peur, aliénante, pour son enfant. Parce que je me rends bien compte qu'à ma toute petite échelle, avec mon hypoacousie et mon spectre autistique qui ne sont ni un cancer, ni une maladie rare, cela demande un self-control et un effort DINGUE.

Peut-être que l'année prochaine, deux ans après, je saurai. 

 

1 an devant la cafetière, parce que le lendemain de son opération, Petit Caillou a quitté la table du petit déjeuner pour se planter devant la cafetière pendant 5 bonnes minutes. Elle entendait le bruit du café qui coule pour la première fois.

Joyeux anniversaire, Iz' ;)

 

 

Découvrez la playlist Blogzen avec Israel Kamakawiwo'ole

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16 janvier 2012

C'est tendance, qu'ils disent...

 

Les inventeurs des cuisines ouvertes ne devaient pas avoir d'enfants.....

 

...

 

 

ou bien ils avaient une sérieuse dent contre les mères de famille....

 

...

 

 

 

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13 janvier 2012

Juste un jour

Toutes les mères au foyer que je connais me l'ont dit : toutes, sans exception, elles se sont accordées une journée par semaine sans enfant : tous à la cantine, et les plus petits : à la halte garderie. "Et surtout ce jour là je ne faisais rien : ni lessive ni repassage!"

Trois mois que j'y réfléchis. Que je me tâte. Quand même, la cantine, c'est pas donné, surtout pour ce qu'ils y mangent. Multipliée par deux, une fois par semaine... quand même, quoi.

Trois mois que je me demande si un enfant a vraiment besoin d'aller à la cantine pour être heureux. Et ma réponse est non, clairement. Si quand j'étais enfant, on m'avait proposé de ne plus jamais aller à la cantine et de manger les raviolis de Môman, j'aurai accepté sans penser une seconde à mes copînes, qui mangeaient très bien sans moi, et qui de toute manière ne seraient plus mes copines quinze jours plus tard.

Trois mois que je pense au bienfondé de la halte garderie pour Petit Bourgeon, et que je pense surtout à ses précieuses siestes interrompues, à la gastro et à la varicelle qu'il va ramener pour tout le monde.

Trois mois que je m'interroge : en ai-je vraiment besoin de cette journée ? qu'est ce que j'en ferai à part traîner lamentablement sur mon ordinateur toute la journée en me demandant si mes enfants n'ont pas fini trempés comme des souches en marchant jusqu'à la cantine ? Suis-je vraiment si fatiguée que ça ?

Non.

Mais, peut-être que ça leur ferait plaisir à mes petits, d'aller manger avec les copains, lancer des boulettes de pain et se faire crier dessus par une dame cantine excédée ?

Mince, peut-être qu'ils seraient vraiment heureux si je prenais cette journée ?

La réponse à mes questions est arrivée comme une cerise sur le gâteau il y a une quinzaine de jours. En dégustant son poisson carré et ses pâtes au ketchup, Petit Caillou m'a lancé l'air de rien "Moi, moi je vais pas à la cantine ! ". Petit Roi à renchéri "Et moi je vais pas à la garderie hein!" (oui, Petit Roi met "hein" à chaque fin de phrase ces temps-ci, on est à la mode, tendance Ch'ti à la maison!)

Depuis ils lancent ces deux affirmations telles des trophées. Ils ont peut-être vu leurs petits camarades pleurer au moment de partir  à la cantine, ils ont peut-être ressenti une immense fierté de se dire que l'heure des mamans était pour eux, que leur maman était là derirère le portail. Ils ont peut-être aussi entendu parler du menu (rien ne vaut ma ratatouille congelée, qu'on se le dise). Allez savoir. Ils m'ont donné ma réponse. IL n'y aura pas, pour l'instant, de journée détente. Parce que même si je le voulais, ils me feraient culpabiliser avec leur "Moi je vais pas à la cantine !" Sales gosses !

Je relativise : ça n'aurait pas été bon pour notre compte en banque : femme qui s'ennuie finit dans un magasin de fringues (et de sacs, me dit-on très justement dans l'oreillette), c'est bien connu.

 

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12 janvier 2012

Un nouveau petit frère

ou une petite soeur !

Quelques amies vont accueillir bientôt un deuxième enfant. Selon l'âge et la personnalité de l'aîné, les réactions peuvent être très différentes... Voilà bientôt trois mails que j'écris avec exactement les même conseils, je les publie donc ici, une bonne fois pour toutes! Ils ne concernent que mon expérience et mon avis sur la question, et ce que je sais c'est qu'en 3 naissances je n'ai jamais eu affaire à un sentiment de jalousie envers les bébés nés. Bien sûr je ne détiens pas la Vérité absolue, celles qui les trouveront judicieux les appliqueront, les autres feront à leur sauce et c'est tant mieux! (je précise tout ça avant qu'on ne me tombe dessus :je sens le sujet à vexation, autant que la femme au foyer ou la femme qui allaite.... !)

Le premier réflexe est pour moi de ne pas parler du Bébé trop tôt. 9 mois c'est long pour vous, alors pour un enfant de 5 ans... c'est interminable. Nous n'avons jamais trop parlé du Bébé à venir à nos aînés, pour qu'ils n'aient pas tout le temps de se faire des noeuds au cerveau, comme dirait l'autre. Peut-être quelques semaines avant la naissance, mais sans en dire trop. J'ai déjà entendu des psy dire que de toute manière, quand c'est une deuxième grossesse, l'enfant parlera du "Bébé" ou de "Ma petite soeur" sans vraiment comprendre ce qu'il se passe à l'intérieur du ventre. C'est trop abstrait, il reprendra vos mots "petite soeur" par mimétisme ou vous faire plaisir mais n'aura pas intégré l'ampleur du phénomène. (les psy du blog pourront nous donner leur avis sur la question.. !)

Une fois que le bébé est né, analysez les réactions de vos aînés. Petit Caillou par exemple a pleuré dans tout le couloir de la maternité une fois qu'il fallait repartir et me laisser. Elle ne comprenait pas ce qu'il passait. Elle n'est plus venue, point. C'est dur, je me suis sentie un peu seule à la maternité, mais c'était mieux : tout le monde était de son côté, le quotidien continuait normalement pour les enfants, sauf que c'était Papa qui faisait les repas et venait les chercher à l'école! Si j'avais eue des enfants qui pleuraient chaque jour en sortant de ma chambre, ça n'aurait été bon ni pour eux, ni pour moi. Merci le baby blues provoqué par les grands! Pendant ces trois jours, Papa parlait un peu mais pas trop du bébé qui venait de naître. Ils regardaient les photos, apprenaient à prononcer le prénom...

Ma voisine de chambre, avec son fils de 4 ans, n'a pas eu ce problème : il est venu chaque jour, mais juste une petite heure à peine. Il faisait quelques scènes de comédie, il voulait venir sur les genoux de sa maman absolument...mais dans l'ensemble cela se passait plutôt bien.

En revanche, et là la symbolique est très forte : que toute la famille au complet vienne chercher Maman et Bébé! On nous a proposé à chaque naissance de garder les grands pendant que le Papa venait me chercher à la maternité. On a toujours refusé : que lorsqu'ils rentrent de leur balade avec Mamie, il y ait un petit machin qui pleure et que tout le monde prend en photo, et qu'il soit arrivé sans prévenir, c'est violent.

Venir tous à la maternité, présenter ce jour comme un jour de fête, on met nos habits du dimanche et on mange des croissants au petit déj, prendre tous ensemble ce bébé, monter tous ensemble dans la voiture, avoir le temps de l'examiner pendant le trajet... et le déposer tous ensemble dans notre maison. Rapporter du Mac Do pour le déjeuner qui suit (parce qu'en vrai, Maman n'a vraiment pas la force de cuisiner, ni envie de goûter la cuisine de Papa...), parce que vraiment c'est une journée extraordinaire ! et puis reprendre le quotidien. Ne pas fourrer les enfants presto chez les grands-parents pour être tranquilles avec le nouveau-né ou pouvoir dormir toute l'après-midi. Reprendre la vie normale d'avant, avec ses horaires et ses rituels, pour montrer en actes, sans grandes paroles qu'ils entendront à peine, que rien n'a changé ou presque. Il y a quelqu'un en plus, mais leur vie continue, avec Papa et Maman, avec leurs habitudes.

Cela ne veut pas dire qu'on ne doit pas les donner à garder de temps à autre pour pouvoir souffler, mais qu'on ne doit pas leur donner l'impression de les abandonner au profiter du nouveau venu. Pour ma part j'ai mis un point d'honneur à aller chercher Petit Caillou à l'école chaque jour à 11h30, dès mon retour de la maternité, même si ça ne m'arrangeait pas ou que j'aurai préféré dormir tout mon saoûl. Elle a peut-être souffert d'autres choses à la naissance de Petit Bourgeon, mais pas de mon absence, ça j'en suis certaine.

Ensuite, et c'est encore un conseil de ma super pédiatre, au fur et à mesure du temps, continuez à avoir des activités en solo avec l'aîné. Une sortie à la bibliothèque, aller chercher du pain, un atelier patisserie... l'aîné doit avoir l'impression et la certitude qu'il a encore sa place bien à lui, et que vous la lui avez conservé bien précieusement.

Et puis s'ils sont assez grands et qu'ils en manifestent le désir, mettez Bébé dans les bras des grands pour une photo. Je n'oublierai jamais la fierté de Petit Caillou lorsque je lui ai donné son nouveau petit frère... elle s'est sentie très grande, et je lui montrai là ma confiance. Je ne l'ai pas bombardé d'interdictions "ne touche pas sa tête !", "attention à sa main !", "ne lui tousse pas dessus !", je l'ai laissé vivre son moment tranquillement. Tant pis pour la main, tant pis pour les trois microbes qui venaient d'arriver droit sur le nez de mon bébé tout neuf, ma fille était là en train d'accueillir son deuxième frère.

Et Petit Roi ? pendant tout un temps, il a fait comme si le bébé n'était pas là. Ca a duré deux semaines. On ne l'a pas contraint à l'aimer, on l'a laissé faire semblant de ne pas voir le bébé s'il en avait envie. Rien de pire pour un efnant de 2 ans qu'on le force à faire des bisous s'il ne veut pas montrer d'affection! Un jour il a eu envie, il a voulu le prendre sur ses genoux, entre trois coussins surtout. Il l'avait intégré, lui aussi. La fratrie était construite.

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